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Semaine 42 · 15 octobre 2026

Ce que je vois n'a rien à voir avec ce que vous imaginez

Andrej Karpathy décrit un entonnoir : la plupart des professionnels utilisent l'IA comme un Google amélioré, pendant qu'une petite minorité ressent le vertige d'une courbe qui s'emballe. Ce que je constate de mon côté, trois leviers pour passer de la question à la mission, et les solo-preneurs à l'IA.

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5 min · Alex & Sarah

Le mot de la semaine

Andrej Karpathy, l'un des fondateurs d'OpenAI, ancien patron de l'IA chez Tesla, et l'homme qui a inventé l'expression « vibe coding », considéré comme l'un des pères de l'IA agentique, a publié dimanche sur X un post plus qu'interpellant…

Il y décrit un entonnoir. En haut, environ 6 milliards de personnes qui n'ont quasiment jamais utilisé une IA comme ChatGPT. Puis 1 à 2 milliards qui s'en servent de temps en temps, en version gratuite, comme d'un Google amélioré. Il y range beaucoup de professionnels, et en particulier les dirigeants : ils passent leur temps à parler avec d'autres personnes, alors même s'ils comprennent intellectuellement ce qui se passe, « c'est encore de seconde main, et un peu abstrait ». Puis 0,2 %, surtout des développeurs, qui voient des agents boucler en une instruction des projets de plusieurs semaines. Et tout en bas, quelques milliers de personnes dans les laboratoires, qui, eux, ont accès aux dernières avancées.

Sa conclusion : « La majorité des professionnels ne constatent qu'une légère amélioration. Et une petite minorité d'entre eux ressentent le vertige face à une courbe qui s'emballe. Et tout cela se produit simultanément. »

Je me reconnais complètement dans cette phrase. Parce que ce que je constate tous les jours est très loin de ce que beaucoup d'utilisateurs quotidiens ont en tête.

Sur le terrain

En formation comme chez mes clients, l'usage le plus courant ressemble exactement à ce que décrit Karpathy : rédiger un email, résumer un document, reformuler un texte. Souvent avec la version gratuite. C'est pratique, ça fait gagner un peu de temps, et la conclusion est logique : « c'est bien, mais ça ne change pas grand-chose ».

Pendant ce temps, de mon côté, sur les derniers mois :

  • plus de 100 mises en production sur edukia en un seul mois, à côté de mon activité ;
  • le lancement de Croizia, mon service de leads B2B « 10× mieux ciblés, pour la moitié du prix » : des agents croisent des centaines de sources pour trouver les bonnes sociétés, le bon décideur et l'angle d'approche ;
  • chez une PME de services, des agents qui classent automatiquement les emails, les relient en permanence au bon dossier client et assurent le suivi des prestations. Résultat : un processus unifié, et du temps gagné pour toute l'équipe ;
  • un agent qui opère comme « mon bras droit »… pour gérer mes agents ;
  • des tas de projets différents chez des clients dans des industries diverses et variées… qui me donnent une vue vertigineuse sur le potentiel ;
  • Riposte.immo, la salle d'entraînement vocale pour agents immobiliers, qui en est à sa 300e itération majeure, incluant tout le système de facturation, la gestion des accès et le suivi des objectifs de chaque agent… C'est pour très bientôt :) ;
  • et cette newsletter : un agent prépare le brouillon, je corrige, la page et le podcast sont générés, l'envoi part tout seul à l'heure prévue, et je reçois le compte rendu sur mon téléphone.

Ce n'est pas que je sois plus malin que les autres. C'est que je ne demande pas la même chose à l'IA. Et c'est là que l'écart se creuse.

La réflexion

Karpathy donne trois raisons à ce fossé. Je les trouve très justes, et elles se traduisent en trois leviers concrets pour un dirigeant.

L'ambition de la demande. Une question simple ne sollicite presque rien du système. Si vous demandez un email, vous obtenez un email. Si vous confiez un vrai dossier, avec son contexte, ses documents et un résultat attendu, vous découvrez autre chose. Le premier réflexe à changer, c'est de passer de la question à la mission, à l'intention. Et de faire tomber les frontières du possible. Tout est possible.

Le niveau d'accès. La version gratuite d'un chatbot et un agent qui travaille avec vos fichiers, vos outils, du temps et un contexte suffisant, ce ne sont pas le même produit. On n'obtient pas le même plat avec des ingrédients médiocres et peu d'ustensiles de cuisine…

Le domaine. L'IA excelle là où le résultat se vérifie : du code qui tourne ou pas, un tableau qui tombe juste ou pas, un devis conforme ou pas. Dans votre entreprise, commencez par là : les tâches où l'on sait tout de suite si c'est bon. Et qui sont transversales et visibles pour tous.

Le risque, pour une PME, n'est pas de rater les 5 000 élus des laboratoires. C'est de rester dans les 20 % qui utilisent l'IA comme un Google amélioré, et d'en conclure que ce n'est pas pour elle.

Une nuance quand même : Karpathy travaille aujourd'hui chez Anthropic, il décrit donc les outils de son employeur, et ce qu'il dit des systèmes internes est invérifiable de l'extérieur. Vous connaissez ma position sur le marketing à outrance de ces sociétés… Mais l'écart entre l'usage « Google amélioré » et l'usage « agents », je n'ai besoin de personne pour le confirmer. Je le vois chaque semaine, de mes propres mains, et j'ai donc tendance à croire qu'il y a encore un autre fossé plus vertigineux en interne.

Ça m'a ramené à l'interview d'Eric Schmidt, l'ancien patron de Google, dans le podcast GDIY de Matthieu Stefani. Passionnante sur le futur de nos sociétés, entre IA, géopolitique et retard européen. Il confirme cette idée : demain, une seule personne entourée d'agents pourra porter une entreprise entière. Solo-preneur à l'IA, c'est ma réalité : je suis consultant solo, et je fais pourtant tourner edukia, Croizia.com, bientôt riposte.immo, et cette newsletter, avec des agents comme équipe. Pour notre économie, et pour l'emploi, la question est vertigineuse. Pour un entrepreneur, c'est une opportunité énorme… et c'est maintenant que ça se passe.

Passer de la question à la mission, ça s'apprend.
C'est le cœur de mes formations.

« Agents IA pour dirigeants » : 20 et 29 octobre à Namur (NEXT5). « Apprivoiser l'IA » : 18 ou 21 novembre à Wavre (NEXTYou).

Voir les formations

À lire, à tester

De mon côté

Passer de la question à la mission, c'est exactement le cœur de ma formation « Agents IA pour dirigeants » avec NEXT5 : on y construit un agent sur votre propre cas.

Et pour commencer par la base, avec vos équipes : « Apprivoiser l'IA » avec NEXTYou, une journée à Wavre, pour tirer le meilleur de Claude ou ChatGPT.

« Agents IA pour dirigeants » (avec NEXT5)

Orientée création pratique : on construit concrètement des agents, et on repart avec un agent construit sur son cas réel, une feuille de route et une checklist de gouvernance. Prochaine session : les 20 et 29 octobre à Namur (deux demi-journées, 13h30 à 18h00).

formation.next5.be

« Apprivoiser l'IA » (avec NEXTYou)

Une journée pour tirer le meilleur de Claude ou ChatGPT, du prompt jusqu'aux agents, sans jargon. À Wavre, une date au choix : le mercredi 18 ou le samedi 21 novembre.

nextyou.be/formations/formation-ia-wavre

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Bonne semaine,
Laurent Dupont
IAStratégie360
dupont.laurent@iastrategie360.com

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